vendredi 30 avril 2010

Lilly Wood & The Prick

Rencontre avec Lilly Wood & The Prick, nom énigmatique derrière lequel se cachent Nili et Ben, 2 parisiens amoureux de la musique pop, électro, folk.

Ils se sont fait connaître grâce à la reprise du morceau L.E.S. Artistes de Santigold et de leur premier single, l’excellent Down The Drain en parcourant les petites salles de concert avant de s’essayer aux festivals plus importants.

Après un premier EP en mars 2009, leur premier album sortira le 31 mai prochain.

« Invicible friends » est d’une qualité assez remarquable. Que ce soit des rythmes plus enlevés comme sur le morceau Hey It’s Ok, ou des mélodies plus posées et nostalgiques comme Hopeless Kids ou A Time Is Near, cet album regorge de petites perles. On se laisse emporter par le beau grain de voix de la chanteuse et la poésie de leur univers.

Belle découverte de ces 2 jeunes artistes bourrés de talent et à l’avenir prometteur.





Comment vous êtes-vous rencontrés et comment est né ce duo ?


Nili : C’était il y a 4 ans dans un bar à Paris, le Pop In, où on traînait beaucoup à l’époque. Chris (merci Chriiiiis !) un ami commun s’est dit que ça pouvait peut-être coller et il a voulu nous présenter. Ce soir-là on s’est échangé nos numéros de téléphone et l’histoire a commencé !


Avez-vous les mêmes influences et les mêmes références musicales ?


Ben : Non, on n’a pas vraiment les mêmes modèles, on va plus se rejoindre sur ce qu’on écoute maintenant.

Moi en tant que joueur de guitare j’ai commencé par écouter du Clapton, Dire Straits puis Depeche Mode ou les grands classiques.


Nili : C’est vrai que nous avons eu une éducation et une culture musicale différente mais dans le fond on est assez d’accord sur tout ce qui est actuel et sur la musique contemporaine.

Comme si on avait eu 2 chemins qui finalement s’étaient rejoints.

Chacun puise chez l’autre ce qui a pu lui manquer ou ce qui lui paraît intéressant. Ce qui est très riche.

Moi j’écoutais au départ beaucoup de chansons des années 80, Daho, Delpech, les Beatles puis je suis venue au blues des années 50 mais j’avais une influence très populaire.


Qu’écoutez-vous en ce moment par exemple ?


Nili : J’écoute Beach House. En fait je vais d’obsession en obsession, je peux écouter un morceau en « repeat » pendant une semaine, ce qui peut devenir insupportable pour les autres !


Ben : Moi j’aime bien aussi mais j’écoute pas en boucle non plus ! Sinon, ça n’a rien à voir, mais en ce moment je reviens à Cat Stevens que j’adore.

Ou en musique actuelle The xx, La Roux, Metronomy…


Comment s’est choisi le nom du groupe ? Et est-ce un phénomène de mode de prendre comme nom de groupe un prénom féminin et de l’accompagner ? Après Florence and The Machine, Marina and The Diamonds, Lilly Wood & The Prick ?


Nili : C’est drôle mais c’est vraiment une pure coïncidence parce que notre groupe existe depuis 4 ans maintenant et le nom avait été choisi bien avant.


Ben : Le nom du groupe représente un ensemble de choses qu’on peut aimer, un univers féerique. On essaye de rester léger et tout est connoté second degré.


Nili : En fait il y a de la légèreté mais aussi quelque chose de dérangeant en même temps.

Ce qui définit bien ce qu’on a envie de dégager je pense…

Nos textes peuvent être assez sombres parfois mais les mélodies sont plutôt légères.


Quelle a été votre plus grosse scène depuis vos débuts ?


Nili : On a fait le festival Rock en Seine en 2009 qui nous a permis de passer de 200 à 3 000 personnes.

En salle fermée la plus grosse scène a été la Cigale. D’ailleurs l’année dernière la salle était à moitié pleine, et la semaine dernière on l’a refait mais cette fois-ci la salle était complet, plutôt impressionnant !


Comment appréhendez-vous le passage de petites salles de concerts à des grosses scènes devant des milliers de personnes ? Comment vous le gérez ?


Nili : C’est vrai que d’être passés de tout petits bars où on jouait devant 30 personnes à des salles pleines ou des scènes devant des centaines de personnes comme à Rock en Seine, c’est assez fou !


Ben : … et j’ai presque envie de dire que plus il y a de monde, plus c’est facile. Tu te laisses porter, ça te met en confiance, il y a une énergie incroyable qui se dégage de la foule…

Et aussi on ne peut identifier personne, c’est l’effet de masse. Alors que quand tu te produis devant peu de gens tu peux voir dans le public la tête du mec qui se fait chier, qui baille ou qui a envie de se casser !


Comment vivez-vous la signature dans un label et la sortie de votre premier album à seulement 24 ans ?


Nili : On réalise qu’on a beaucoup de chance….

Beaucoup de gens font de la musique, donc le fait d’avoir pu s’entourer de gens super pro et de pouvoir sortir un album c’est juste énorme.


Vous savez qu’en France, on aime comparer et mettre des étiquettes. On vous compare à Moriarty, Ting Tings, The Do, Gossip… Vous retrouvez-vous un peu dans ce qu’on dit ?


Ben : Musicalement, je ne suis pas certain…


Nili : C’est flatteur quand même d’être comparé à des noms comme Coco Rosie, The Gossip, enfin des groupes reconnus et qu’on aime aussi beaucoup mais on n’a pas envie qu’on nous colle une étiquette, on a juste envie d’être nous.


Comment se passe l’écriture des textes ? Comment travaillez-vous ?


Ben : On va dire qu’on travaille vraiment à 50/50, dans le sens où chacun arrive vers l’autre avec des propositions, un texte, des accords, une mélodie, des idées… et après on travaille ensemble mais c’est pas très méthodique…


Nili : Oui il n’y a pas de recette miracle, c’est vraiment le fruit d’un travail commun…

On s’exprime tous les 2 et on essaye avec tout ce qu’on a envie de dire de faire un morceau.


Faites-vous des arrangements particuliers sur scène ?


Nili : On est 4 sur scène + un ordinateur, et sur quelques dates on a une altiste qui joue avec nous.

On est dans un truc assez libre et assez visuel sur scène où on s’échange nos instruments et on s’entoure comme on en a envie… tout ça dans un joyeux bordel !

Mais l’idée est de sublimer les morceaux c’est clair.


Avez-vous prévu des dates à l’étranger ?


Nili : Pour l’instant l’album va sortir en France donc on va se concentrer là-dessus ensuite on verra. De par mes origines israéliennes et du fait que j’ai grandi entre la France, l’Angleterre et la Californie, j’ai envie d’aller partout.


Ben : … en plus on chante en anglais donc on se sent assez libres.


Comment voyez-vous l’avenir de votre groupe ?


Ben : C’est dur de se projeter, là on vit vraiment ce qui nous arrive au jour le jour…


Nili : Déjà c’est une première expérience, c’est prenant, excitant, chargé en émotions et c’est déjà tellement dingue avec la sortie de l’album… tout est nouveau donc on ne peut pas savoir comment ça va évoluer mais on a envie de faire ça toute la vie !


L’attente de la sortie de l’album le 31 mai est pour vous une source d’angoisse, de stress, d’euphorie ?


Ben : A un moment avec l’enchaînement de concerts, etc… j’ai presque oublié que l’album allait sortir. Mais là j’ai une petite pression qui commence à venir…

J’en ai marre d’attendre !


Nili : Tout a été tellement simple, avec des bonnes critiques depuis le début qu’on a encore plus la pression, parce que si ça ne marche pas, on aura l’air con !

On a plutôt intérêt à ce que ça marche…


L’album très attendu « Invicible friends » sortira donc dans les bacs le 31 mai prochain.

Plusieurs dates de concert sont à prévoir en France durant tout l’été notamment le 3 juin à la Maroquinerie à Paris.

Et moi… je serai là !


Lilly Wood & The Prick sur MySpace Music - Ecoute gratuite de MP3, Photos et clips vidéos


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